Une opération vantée sur Instagram, un prix, un rendez-vous, un compte à rebours. Mais le « Brazilian Butt Lift » est classé parmi les chirurgies esthétiques les plus risquées, et certaines « cliniques » n’en sont pas. Enquête sur les dangers qu’on tait.
Un drame qui interroge
Selon le père de Dorine Dogba, sa fille aurait été conduite le 24 avril 2026 dans une supposée clinique, qui serait en réalité une villa banalisée. Son décès a été annoncé le 28 avril. Il affirme aussi qu’elle serait morte à la suite d’une anesthésie, pour une chirurgie qui n’aurait pas été réalisée. Les récits ne concordent donc pas tous, et les circonstances exactes restent à établir. Les faits n’ont pas été confirmés par une enquête officielle dans les sources que nous avons consultées. Chirurgie esthétique : Un BBL vire au drame en Côte d’Ivoire – AFRIK SOIR +2
Pourquoi le BBL est dangereux
L’intervention consiste à prélever de la graisse sur le corps pour la réinjecter dans les fesses. Le danger majeur est l’embolie graisseuse : si la graisse pénètre dans les vaisseaux sanguins, elle peut migrer vers les poumons ou le cœur. S’y ajoutent infections, déformations et complications de l’anesthésie. Un article cite une mortalité estimée entre 1 sur 3 000 et 1 sur 6 000 selon l’American Society of Plastic Surgeons. Les estimations varient selon les études, et nous n’avons trouvé aucune donnée ivoirienne. funnygabon
La loi, et la réalité du terrain
Un médecin ivoirien a rappelé en mai que seuls les médecins diplômés en chirurgie esthétique, réparatrice et reconstructrice sont légalement habilités à opérer. Pourtant, les contrôles montrent un secteur parfois hors des règles. Du 10 au 17 juillet 2026, la Police sanitaire a fermé plusieurs cliniques privées illégales à Abidjan, notamment pour absence d’autorisation, personnel non qualifié et insalubrité. Rien n’indique que ces établissements pratiquaient le BBL : le constat vaut pour le secteur privé en général. afriksoirkoaci
Le piège de l’image
Photos « avant/après », promotions sur les réseaux, prix attractifs, tourisme médical : tout pousse à décider vite. Un devis alléchant ne dit rien du bloc opératoire, de l’anesthésiste ni du plan en cas de complication.
Encadré pratique : avant de dire oui
- Vérifiez le médecin : diplôme de chirurgie plastique et inscription à l’Ordre des médecins.
- Exigez l’autorisation de l’établissement auprès du ministère de la Santé.
- Demandez qui fait l’anesthésie, où se trouve la réanimation et comment une urgence est gérée.
- Visitez les lieux : un bloc opératoire n’est pas une villa.
- Méfiez-vous des intermédiaires, des « offres du jour » et de la pression pour payer vite.
- Prenez un second avis et du temps pour décider.
- Après l’opération, consultez en urgence en cas de douleur forte, d’essoufflement, de fièvre ou de malaise.
Ce qu’il reste à établir
Combien de cliniques sont agréées ? Combien de complications sont prises en charge chaque année ? Quelles sanctions pour les praticiens non qualifiés ? Autant de questions sans réponse publique à ce jour.

