Une offre en ligne, un contact « de confiance », la promesse d’un salaire en devises. Pour des Ivoiriennes, l’aventure à l’étranger commence par un rêve et finit parfois en cauchemar. Voici ce que l’on sait, et ce que l’on ignore encore.
Des promesses qui se retournent
Aide ménagère, hôtesse, coiffeuse : les métiers promis sont ordinaires, les conditions d’arrivée ne le sont pas. Passeport confisqué, salaire non versé, journées sans fin, enfermement, violences : des Ivoiriens rapatriés décrivent des abus de ce type. Un responsable de l’OIM à Abidjan évoque des migrants de retour dans un état psychique très compliqué, dont beaucoup ont subi des sévices, de la traite ou de l’esclavage.
Un parcours bien documenté : la Tunisie
Julienne est restée cinq ans en Tunisie. Comme la majorité des Ivoiriennes arrivées dans ce pays, elle a d’abord été femme de ménage, puis est tombée dans l’esclavage domestique. Elle est rentrée en 2024 grâce à une ONG. Le 25 février 2026, 145 personnes ont été rapatriées de Tunisie, après deux vols depuis le Niger en février et en mars. infomigrantsinfomigrants
Et le Golfe ?
Nous n’avons trouvé aucun chiffre public sur les Ivoiriennes victimes d’abus dans le Golfe. Mais le sujet est sur la table : un atelier a réuni les acteurs concernés pour valider un projet d’accord bilatéral entre la Côte d’Ivoire et l’Arabie saoudite sur le recrutement de travailleurs domestiques, avec pour objectif de contrôler cette migration et de sécuriser les transferts d’argent. Un cadre officiel pourrait protéger. Il suppose d’être appliqué et connu des candidates. ilo
Ce que fait l’État
Le pays a mis en place, avec l’OIM et l’Union européenne, un Mécanisme national de référencement pour accueillir, assister et réintégrer les migrants de retour. Une stratégie nationale de lutte contre la traite 2026-2030 est en cours de finalisation. Selon le rapport national, 8 600 retours volontaires ont été assistés. Combien d’Ivoiriennes et pour quel type de situation : la ventilation reste à obtenir. unun
Encadré pratique : les signaux d’alerte
- Méfiez-vous de toute offre qui demande de l’argent avant le départ.
- Exigez un contrat écrit, clair sur le salaire, les horaires et l’employeur, et gardez-en une copie.
- Ne confiez jamais votre passeport à un tiers, et gardez des copies de vos papiers.
- Vérifiez le recruteur auprès des autorités ivoiriennes, du ministère concerné ou de l’OIM, et pas uniquement sur les réseaux.
- Un visa touristique n’est pas un permis de travail.
- Laissez à une proche l’adresse, les contacts de l’employeur et ceux de l’ambassade.
- Au retour, rapprochez-vous de l’OIM ou d’une association : un accompagnement psychologique existe.
Prévenir avant de partir
Les rescapées parlent d’un besoin : qu’on les écoute et qu’on leur dise la vérité avant le départ. Informer, vérifier, protéger : c’est l’affaire des familles, des écoles, des églises, des médias et de l’État.

