Fatiguée, triste, à bout de nerfs, mais « il faut tenir ». Pour beaucoup d’Ivoiriennes, la souffrance psychique reste cachée derrière le sourire et les responsabilités. À l’approche de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, il est temps d’en parler.

Trois visages d’une même souffrance

Le burn-out. Travail, enfants, famille élargie, cérémonies : à force de tout porter, certaines s’épuisent. Signes fréquents : fatigue qui ne passe pas, irritabilité, insomnies, perte de goût pour tout.

La charge mentale. Penser à tout, pour tous, tout le temps, finit par user. Sans partage des tâches, elle peut ouvrir la porte à l’anxiété et à la dépression.

La dépression du post-partum. Après l’accouchement, la joie attendue ne vient pas toujours. Le directeur du Programme national de santé mentale, le Pr Koua, indique que, parmi les femmes hospitalisées en psychiatrie après un accouchement, une sur quatre souffre de dépression ou de psychose. Une jeune mère épuisée ou triste n’est ni faible ni ingrate : elle est peut-être malade. aip

Pourquoi on se tait

Dans le pays, les maladies mentales sont souvent associées à des phénomènes spirituels ou paranormaux. Résultat : on prie, on cache, on attend. S’ajoutent la peur du « qu’en dira-t-on », l’idée que la femme doit être forte et le manque de moyens. who

Une offre de soins encore insuffisante

Le pays compte 34 centres conventionnels et moins de 100 spécialistes de santé mentale (psychiatres, infirmiers et sages-femmes en psychiatrie) pour plus de 29 millions d’habitants. Des avancées existent : des sages-femmes spécialisées en santé mentale sont désormais disponibles. Dans la région du Gbêkê, le projet « Amplify Psy » a soigné gratuitement 131 femmes en âge de procréer et sensibilisé plus de 4 000 autres. Le Pr Koua a aussi évoqué un déploiement progressif de psychiatres et de psychologues dans les grandes villes, ainsi qu’une assistance psychologique gratuite en ligne. Côte d’Ivoire : des soins appropriés en santé mentale dans des camps de prière +3

Encadré pratique : quand et comment demander de l’aide

  • Consultez si la tristesse, l’angoisse ou l’épuisement durent plus de deux semaines et gênent votre quotidien.
  • Après un accouchement, parlez de votre état à votre sage-femme ou à votre médecin sans attendre.
  • Confiez-vous à une personne de confiance : amie, sœur, responsable religieuse.
  • Renseignez-vous auprès du Programme national de santé mentale ou d’un centre de santé sur les services proches de chez vous.
  • En cas de pensées de mort, parlez-en tout de suite à un proche et rendez-vous aux urgences.

Demander de l’aide n’est pas une faiblesse

Prendre soin de sa tête, c’est prendre soin de toute la famille. Ce mois-ci, prenez des nouvelles de celle qui sourit toujours.

3 Comments

  • Melissa Hunter
    Posted 29 novembre 2017 13h56 0Likes

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  • Tomas Smith
    Posted 29 novembre 2017 13h57 0Likes

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