Règles très douloureuses, saignements abondants, douleurs pendant les rapports : trop de femmes pensent que « c’est normal ». Pourtant, ces signes peuvent cacher une endométriose ou des fibromes, et plus on attend, plus c’est difficile à soigner.
Deux maladies, des symptômes qu’on banalise
Les fibromes sont des tumeurs bénignes de l’utérus, très fréquentes chez les femmes d’origine africaine, souvent dès la trentaine. L’endométriose, elle, survient quand du tissu semblable à celui de l’utérus se développe en dehors de celui-ci, provoquant des douleurs intenses et parfois une infertilité.
Les signes d’alerte :
- des règles abondantes ou qui durent plus de sept jours ;
- des douleurs pelviennes qui empêchent de travailler ou d’aller en cours ;
- des douleurs pendant les rapports ou en urinant pendant les règles ;
- un ventre qui gonfle, des difficultés à tomber enceinte.
Pourquoi on attend si longtemps
« Souffrir en silence, c’est être une femme. » Cette idée, transmise de mère en fille, pousse beaucoup d’Ivoiriennes à endurer la douleur pendant des années.
À cela s’ajoutent d’autres freins :
- Le tabou des règles et de l’intimité, dont on parle peu, même entre femmes.
- La peur du diagnostic, notamment celle de ne plus pouvoir avoir d’enfant, ce qui pèse lourd dans une société où la maternité est très valorisée.
- Le recours d’abord aux tisanes, aux guérisseurs ou à l’automédication, qui retarde la consultation.
- Le coût des consultations, de l’échographie et des examens, surtout hors d’Abidjan.
- Le manque de spécialistes (gynécologues, imagerie) en dehors des grandes villes.
L’endométriose, en particulier, reste mal connue, y compris de certains soignants : le diagnostic peut prendre des années.
Les conséquences d’un retard
Un fibrome non suivi peut grossir, provoquer une anémie sévère et compliquer une grossesse. Une endométriose non prise en charge peut abîmer les trompes et réduire la fertilité. Consulter tôt permet souvent d’éviter la chirurgie ou de la rendre plus simple.
Encadré pratique : les bons réflexes
- Consultez dès que la douleur est invalidante, sans attendre « que ça passe ».
- Notez vos symptômes (dates, intensité, durée des règles) pour aider le médecin.
- Demandez une échographie pelvienne : c’est l’examen de base.
- Cherchez un second avis si on minimise vos douleurs.
- Renseignez-vous sur la couverture CMU et les centres de santé publics, plus abordables.
Votre douleur est légitime
Avoir mal chaque mois n’est pas une fatalité. En parler, c’est déjà se soigner. Partagez cet article avec une amie qui souffre en silence.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale.

