« On ne parle pas de ces choses-là. » Dans beaucoup de familles ivoiriennes, le sujet reste fermé à double tour. Pourtant, ce que les parents ne disent pas, les enfants l’apprennent ailleurs : dans la rue, auprès des camarades, sur les réseaux sociaux. Et pas toujours de la bonne façon.

Pourquoi il faut en parler

Parler de sexualité à un enfant, ce n’est pas l’y encourager. Au contraire, les enfants bien informés retardent souvent leurs premiers rapports et savent mieux dire non. Le silence, lui, expose aux grossesses précoces, aux infections sexuellement transmissibles, aux abus et aux fausses informations qui circulent sur internet et entre camarades.

Pour les filles, l’enjeu est encore plus fort : combien d’adolescentes découvrent leurs premières règles dans la peur, sans qu’on leur ait rien expliqué ?

Les obstacles, côté parents

La pudeur. Beaucoup de parents ont eux-mêmes grandi sans aucune explication et ne savent pas par où commencer.

La peur d’« ouvrir la porte ». On craint de donner des idées, alors que la curiosité est déjà là.

Les croyances culturelles et religieuses. Elles rendent le sujet délicat, mais n’empêchent pas de transmettre des valeurs tout en informant.

Le manque de mots. On ne sait pas comment nommer les choses simplement.

Comment s’y prendre, selon l’âge

Avant 6 ans : apprenez les vrais noms des parties du corps et la notion d’intimité. Expliquez qu’aucun adulte n’a le droit de toucher ses parties intimes et que, si cela arrive, l’enfant doit en parler, sans crainte d’être puni.

De 7 à 11 ans : répondez simplement aux questions sur les bébés, préparez les filles à leurs premières règles et les garçons aux changements de la puberté.

À l’adolescence : abordez le consentement, la contraception, les infections, la pression des « grands » et des « parrains », ainsi que les dangers des rencontres en ligne.

Quelques réflexes qui aident

  • Saisissez les occasions : une question, une émission, un fait divers peuvent servir de point de départ.
  • Restez calme et ne punissez jamais une question.
  • Répondez honnêtement, avec des mots simples. Si vous ne savez pas, cherchez ensemble.
  • Parlez aux filles et aux garçons : le respect et le consentement concernent tout le monde.

Encadré pratique : où trouver de l’aide

  • Infirmières scolaires et centres de santé : conseils et dépistage pour les jeunes.
  • Centres de santé de la reproduction et associations de santé des adolescents.
  • Sage-femme, médecin ou conseillère pour préparer une discussion.
  • Sources fiables en ligne plutôt que les rumeurs des réseaux sociaux.

Une conversation, pas un discours

Il ne s’agit pas de tout dire en une fois, mais d’ouvrir une porte et de la laisser ouverte. Un enfant qui sait qu’il peut tout demander à sa mère est un enfant mieux protégé.

Article à visée informative.

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