Grossesse non désirée, peur des parents, peur de l’école, peur du regard : certaines jeunes Ivoiriennes cherchent une issue dans l’ombre. Certaines n’en reviennent pas. Un sujet dont on parle peu, alors qu’il concerne des milliers de familles.

Un phénomène massif, mais invisible

Selon des estimations citées par l’AIP, environ 230 000 femmes auraient recours à l’avortement chaque année en Côte d’Ivoire, dont 60 % dans des conditions à haut risque sanitaire. Les chiffres varient selon les enquêtes et les années, car la loi restrictive limite les données officielles. aip

La part des décès maternels liés à ces avortements est elle aussi débattue : entre 10 % et 18 % selon une enquête régionale, 21 % selon une autre source. Au-delà des pourcentages, 75 % de ces décès surviennent chez des femmes de moins de 35 ans. 1 +2

Pourquoi elles en arrivent là

Une étude citée par la presse relève comme principaux facteurs la pression familiale et sociale (27,7 %), le très jeune âge (22,2 %), les difficultés économiques (21,3 %) et la volonté de poursuivre ses études (15,5 %). Derrière ces chiffres, des adolescentes et des jeunes femmes, souvent mal informées, parfois seules. connectionivoirienne

Ce que dit la loi

Le Code pénal interdit l’avortement, avec des exceptions. Une loi de 2019 a ajouté le viol aux motifs autorisés, puis une loi de juin 2024 a introduit l’article 427, qui ajoute l’inceste et le risque pour la santé physique ou mentale. Ces dispositions restent largement méconnues, et les structures de soins doivent encore être prêtes à les appliquer. Wikipedia

Le silence qui tue

Quand on ne peut pas en parler à la maison, à l’école ou à l’église, on cherche de l’aide ailleurs, souvent auprès de personnes non formées. Les complications arrivent alors tard, parfois trop tard, car la peur d’être jugée retarde la consultation.

Encadré pratique : agir sans jugement

  • En cas de saignements abondants, de fièvre, de fortes douleurs ou de malaise après un acte de ce type, rendez-vous tout de suite dans un centre de santé ou un hôpital. La plupart des hôpitaux de l’échantillon d’une enquête proposent des soins après avortement. Ils sont là pour soigner, pas pour punir.
  • Face à une grossesse non désirée, parlez à une personne de confiance : sage-femme, infirmière, médecin, aînée.
  • Renseignez-vous sur la contraception et la planification familiale.
  • Parents, éducateurs : écoutez avant de juger. Une adolescente qui se sent écoutée consulte plus tôt. pmadata

Ouvrir la parole

La prévention commence par l’éducation sexuelle, l’accès à la contraception et l’écoute. Dans la région de la Nawa, une association relève une prévalence contraceptive estimée à 21 % et des besoins non satisfaits en planification familiale de 22 %. Moins de peur, plus d’information : c’est ce qui sauve des vies. aip

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